Fibre optique : une opportunité de formation professionnelle

Le Plan national « Très haut débit » (THD) vise l’installation d’un réseau à 30 Mbit/s minimum pour tous les ménages en 2022. Fin novembre dernier, un accord-cadre entre les pouvoirs publics et les syndicats de professions concernés (métallurgie, bâtiment, travaux publics, télécommunications) a posé les bases des formations spécifiques. Il a été signé le 16 mars dernier.

Avec un budget prévisionnel de 20 milliards d’euros sur 10 ans, le Plan France Très Haut Débit vise à remplacer le réseau de communication cuivre par la fibre optique avec des débits d’au moins 30 Mbit/s qui dépasseront rapidement les 100 Mbits/s. Déjà entamé, ce chantier demande cependant de nouvelles compétences pour l’ensemble de la filière.

* Une démarche fédératrice

Fin novembre dernier, la direction générale à l’emploi et à la formation professionnelle – DGEFP (l’un des services du ministère du Travail et de l’Emploi) – a convenu avec plusieurs organisations professionnelles – l’UIMM (industrie de la mécanique et de la métallurgie), la FFB (bâtiment), la FNTP (travaux publics) et l’Unetel-RST (entreprises et réseaux de télécommunication) – un accord cadre national d’engagement de développement de l’emploi et des compétences (EDEC) ; Objectif Fibre s’associe à ce plan d’action d’une durée de deux ans. Cet engagement a été signé le 16 mars dernier entre Myriam El Khomri, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social et Jean-Pierre Bonicel, Président d’Objectif fibre.

Signature EDEC

Le 16 mars dernier, Myriam El Khomri, Ministre du travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et Jean-Pierre Bonicel, Président d’Objectif Fibre ont signé l’EDEC Fibre optique. Cet engagement porte sur le financement de formations continues à hauteur de 2 667 600 €.

* Nouvelle filière, nouveaux métiers

La relance de la fibre optique et du très haut débit remonte au milieu des années 2000. Ce sujet est ensuite revenu sur le devant de la scène en 2012 ; le gouvernement nouvellement élu a décidé de couvrir le territoire : 80 % serait servi en fibre optique permettant le très haut débit, les autres 20 % grâce à la montée en débit sur cuivre ou en technologies hertziennes.

Le travail mené par Objectif Fibre porte sur deux grandes actions. La première concerne la standardisation des infrastructures et leur qualité (voir l’encadré), la seconde, la formation. « La qualité de ces infrastructures, explique Jean-Pierre Bonicel, Président d’Objectif Fibre, repose sur la qualité des composants (fibres, câbles, connectivité) et de la mise en œuvre, et donc de la compétence du personnel qui la réalise. » Dans ce cadre, Objectif Fibre a déjà référencé quelque vingt-deux centres de formation ; d’autres contacts sont pris.

L’objet principal de ce premier accord est d’entamer le parcours de formation des quelque 40 000 nouveaux collaborateurs attendus à terme sur ce chantier économiquement et socialement stratégique. Ce chiffre ressort de deux études de besoins : l’une réalisée en 2012-2013 par Objectif Fibre et une deuxième conduite par la FIRIP en 2014.

Afin de les affiner, une étude complémentaire sur les besoins professionnels pour les années 2017-2025 vient d’être lancée par Objectif Fibre. Les résultats sont attendus en juin prochain. Ce travail devrait en particulier faire ressortir des besoins précis, fonction par fonction, et ce, par palier annuel.

* Des besoins bien définis

Cependant, les métiers à pourvoir sont déjà identifiés. Sur chantier, il s’agit d’abord de conducteurs de travaux, de tireurs de câbles, de monteurs-raccordeurs, de technicien d’intervention, de montage de prises dans les logements ainsi que de maintenance de réseau.

Le secteur de l’ingénierie ouvre aussi ses portes aux piqueteurs, responsables de BET spécialisés en réseaux « FTTH » (de l’anglais « fiber to the home »), de dessinateurs-projeteurs ainsi que de chargés d’études et de chefs de projets.

Quant à la fonction commerciale, elle doit être renforcée de négociateurs spécialisés, vendeurs spécialisés en télécommunications et chargés d’affaires…

Les démarches entamées à travers cet EDEC vise à associer les métiers et les formations.

* Formation initiale et continue

L’EDEC récemment signé porte sur l’aide à la recherche d’emploi dans ce secteur. Piloté par la Direction générale de l’emploi et de la formation professionnelle, porté administrativement par trois organismes paritaires collecteurs agréés – Opcaim pour l’UIMM (la métallurgie), Opcalia pour l’Unetel (les opérateurs télécom) et Constructys pour la FNTP et la FFB (les installateurs) –, il vise 7 500 entreprises (656 000 salariés) et s’élève à 2 667 600 € ; l’État y participe à hauteur de 800 000 €. Il financera des formations continues courtes (trois à cinq jours) et longues (jusqu’à un an).

La formation initiale a aussi engagé sa mutation pour prendre en compte ces nouveaux réseaux. Depuis septembre dernier, le référentiel du bac pro Melec (métiers de l’électricité et des environnements connectés) intègre l’enseignement de la fibre optique. Les formations bac + 2, DUT en particulier, intègrent dès à présent ce type de connaissances.

* Objectif Fibre est une plateforme reposant sur cinq Fédérations : FFIE (électriciens), FFT (Télécoms), FIRIP (Réseaux d’Initiative Publique), FIECC (fédération de syndicats de l’électricité, de l’électronique et de la communication) et le Serce (équipement et distribution d’énergie).

NB : Parmi ses nombreux critères de tri, Kompass permet notamment d’identifier les entreprises de sa base de donnée par leurs « Savoir Faire » issus de sa classification unique au monde (55 000 produits/services). Le savoir faire « Fibre optique » est un atout pour identifier tous les acteurs présents dans la base Kompass. 


Jean-Pierre Bonicel, Président d’Objectif Fibre
« La fibre est le médium élémentaire du développement du numérique »
« La formation est un aspect important du déploiement de la fibre optique. Mais la standardisation des réseaux très haut débit est un sujet aussi sensible, qui, heureusement, commence à être compris.
« Il existe actuellement une centaine de réseaux d’initiative publique,. S’ils étaient différents, le déploiement et surtout l’exploitation ne seraient pas viables. Il est nécessaire de s’accorder sur les solutions : c’est un gage de qualité et de pérennité. Cette démarche est, en résumé, un copié-collé de ce qui a été pratiqué sur le réseau cuivre. Et elle a fait ses preuves. »
« Par ailleurs, cette stratégie de développement du réseau fibre optique est d’une importance capitale. Bien que l’on parle d’échéances à 2022 ou 2025, il faut bien comprendre que cette activité se poursuivra bien au-delà. Car ce que nous sommes en train de mettre en place constitue le médium de base du numérique de demain. La fibre optique est le support de la 5G, de la ville intelligente, des infrastructures de RTE et d’EDF, de la route autonome… »
« En outre, cette technologie est appelée à perdurer. Dans les laboratoires, on n’a pas encore développé un autre médium pour la dépasser. Sauf, peut-être, la fibre multicœurs, connue depuis vingt ans en France et qui pourrait reprendre de l’importance. C’est une évolution possible, mais nous ne sortons pas de la fibre optique. Les métiers liés à la fibre optique sont bien pérennes, et cela pour les cinq décennies à venir ».

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