La sous-traitance industrielle

La sous-traitance est définie « comme l’opération par laquelle un entrepreneur confie par un sous-traité, et sous sa responsabilité, à une autre personne appelée sous-traitant, tout ou partie de l’exécution du contrat d’entreprise ou du marché public conclu avec le maître de l’ouvrage » (définition AFNOR).

Le périmètre du secteur Sous-traitance industrielle de la WF 13 (la classification Kompass) intègre une grande partie des procédés industriels habituellement regroupés au sein de la sous-traitance industrielle, soit : décolletage et usinage, finition (traitements thermiques, traitements de surfaces en transformation des métaux),  forge-fonderie, transformation des  métaux en produits semi-finis, chaudronnerie et mise en forme, transformation des plastiques caoutchoucs et composites, microtechnique, outillage (moules, modèles et prototypes), les équipements industriels et accessoire, et enfin le service à l’industrie.

La fixation industrielle, la transformation du bois et du verre, ainsi que l’électronique et l’électricité, que les études Insee incluent dans la sous-traitance industrielle, ne sont pas pris en compte.

La classification WF 13 ne concerne que  la sous-traitance reçue, dont les preneurs d’ordre relèvent uniquement de la métallurgie, la transformation des métaux, du caoutchouc et des plastiques.

En 2014, la sous-traitance industrielle enregistrait une légère reprise de 0,26 %, pour un chiffre d’affaires total de 66,8 milliards d’euros. Certes portée par des facteurs exogènes (baisse de l’Euro et du coût du pétrole), cette reprise devrait se confirmer en 2015, selon les organisateurs du salon annuel MIDEST, reconnu comme le plus grand rendez-vous mondial exclusivement consacré à la sous-traitance industrielle.

La transformation des processus de fabrication dans l’industrie, bénéficiant d’un effort d’investissement et l’avancée des TIC (robotisation, numérique, impression 3D…)  devrait conférer à la sous-traitance de meilleurs atouts pour attirer les futurs diplômés (analyse FIM).

Une région phare

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L’analyse des chiffres d’affaires du secteur Sous-traitance industrielle par région donne une première place à la région Rhône-Alpes, soit 20,7 % du chiffre d’affaires national, devant la région Île-de-France ( 16,4 %).

La région rhônalpine est un bastion traditionnel de la sous-traitance en France : décolletage (vallée de l’Arve), métallurgie des poudres  (région de Grenoble), roulements (Annecy), moules et modèles (Oyonnax), pièces techniques en matière plastique (Oyonnax et Lyon)… Ces activités mobilisent 12 250 entreprises et 220 000 employés pour un chiffre d’affaires de 14 milliards d’euros, dont plusieurs leaders nationaux mais aussi mondiaux (chiffres FIM Rhône-Alpes – Le Journal des Entreprises Rhône-Alpes).

Les régions Centre, Pays-de-la-LoireNord-Pas-de-Calais et Franche-Comté, assurent à part comparable (entre 4,9 % et 6,7%) 25 % du CA du secteur. A raison de 0,8 % à 4 % selon la  région, le reste du chiffre d’affaires national se répartit sur l’ensemble du territoire.

 

Deux branches leader

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Les 10 premières branches, soit 20 % des branches du secteur Sous-traitance industrielle de la nouvelle classification Kompass, réalisent 63,20 % du chiffre d’affaires de ce secteur.

Deux branches dépassent 10 % : le Tournage et fraisage des pièces mécaniques (12,96 %) et la Chaudronnerie (12,8 %).

40,40 % du chiffre d’affaires du top 10 des branches provient de la mise en forme des métaux (Chaudronnerie, Tôlerie, Découpe des pièces métalliques et Emboutissage des pièces métalliques). L’usinage et la mécanique (Tournage et fraisage des pièces métalliques, Usinage des pièces métalliques et Production de constructions mécaniques) en assurent 35 %. La transformation des plastiques (Traitement des thermoplastiques, usinage des plastiques) compte pour 15,80 % et  les Travaux de montage pour 8,30 %.

La  crise de 2009 a très fortement impacté les activités du secteur Sous-traitance industrielle. Fin 2014, la quasi-totalité des activités, en dépit de reprises plus ou moins affirmées, restent en deçà de leur chiffre d’affaires de 2008. Seule la réparation de machines et équipements mécaniques s’est nettement redressée, retrouvant son niveau d’avant crise dès 2010, et affichant ainsi en 2014 13 % de mieux qu’à son plus haut niveau de 2008.

Après le rebond de 2011, le tréfilage à froid, le découpage et emboutissage ainsi que la fabrication de moules et modèles sont repartis à la baisse : entre 2007 et 2014, elle a notamment atteint 30 % pour le découpage et emboutissage.

Après la hausse franche de 2011, les activités de traitement et revêtement des métaux, de décolletage et enfin de forge, estampage, matriçage et métallurgie des poudres, enregistrent des évolutions de chiffres d’affaires moins nettes et plus hésitantes, même si elles sont plutôt reparties à la hausse en 2014.

La reprise de l’activité de mécanique industrielle est pour sa part plus nette depuis 2009. Malgré un léger repli en 2013, l’activité continue sa reprise et a quasiment retrouvé son plus haut niveau de 2008.

 

Une production très dispersée

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Le secteur Sous-traitance industrielle totalise 1 143 (43,64 %) des 2 619 produits de la famille Métallurgie, mécanique et sous-traitance. La Tôlerie pour réservoirs et cuves, premier produit du secteur  représente 6 % du chiffre d’affaires. 31 % du CA sont assurés par les 10 produits suivants (à raison de 3 à 4 % chacun). La ventilation des produits de ce secteur témoigne d’une forte dispersion de la production.

 

Les intérêts des activités regroupées au sein du secteur Sous-traitance industrielle sont représentés par au moins 8 des 27 syndicats ou fédérations membres de la FIM (Fédération des industries mécaniques) : La fédération Forge Fonderie, la FIM Moules & Prototypes (ou FIMMEP), l’AMICS E&PI (syndicat de concepteurs de machines spéciales et d’équipements de process avec les usineurs), la FIM Métaux en Feuilles, l’UITS (Union des industries de technologies de surfaces), le SNCT (Syndicat de la chaudronnerie, tuyauterie et maintenance industrielle), la FIM Ressorts, et le SNDEC (Syndicat national du décolletage). Le SNCP (Syndicat national du caoutchouc et des polymères) représente des entreprises aux activités proches.

La FIM est membre de deux grandes confédérations nationales : MEDEF (Mouvement des entreprises de France), et CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises). Cette fédération adhère également au CLIFA (Comité de liaison des industries fournisseurs de l’automobile), à l’UIMM (Union des industries des métiers de l’industrie) – elle même composante du MEDEF de la CGPME -, au GIIN (Groupe intersyndical de l’industrie nucléaire), au GFI (Groupe des fédérations industrielles) et à la FEDEM (Fédération des minerais, minéraux industriels et métaux non ferreux). Le SNCP est membre du CLIFA.

 

Note méthodologique : La base de données françaises exploitée dans les statistiques ci-dessus (sauf mention contraire) est exhaustive pour les entreprises industrielles de plus de 10 salariés et les entreprises de service de plus de 50 salariés. Elle est principalement structurée par la WF 13 de Kompass International qui est une classification arborescente internationale de produits et services à quatre niveaux : 15 familles ; 67 secteurs ; 3 015 branches ; 56 000 produits.

 

 

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